Au fil du sol
Gateway Park de Taichung à Taiwan
avec Catherine Mosbach, architecte paysagiste
Notes de conférence_ AU GAZETTE CAFE_02/12/2015
Le climat de l'île de Taïwan est tropical humide. L'atmosphère naturelle est très difficile en été : « personne ne va se promener dans un parc, tous restent à l'abri, dans des emprises 100% artificielles, climatisées ». Nous avons imaginé l'aménagement de cette friche d'un aéroport abandonné, en posant la question : « comment donner l'envie d'aller à l'extérieur ? »
Climat urbain
Confort
Il s'agit de proposer quelque chose, qui ait à voir avec le confort, quelque chose qui améliore le ressenti d’un environnement climatique contrasté. Nous avons développé une double stratégie autour des questions de qualités de l’air et de performances de la topographie, du sol et de l’eau, qui atténuent les ressentis de chaleur, de pollution et d’humidité.
Réalisé avant les rues et les bâtiments d’un futur quartier de 250 hectares, ce parc de 70 hectares est conçu à travers la déclinaison de onze paysages singuliers, allant de 1 000m2 à 25 000m2. Ils développent des jardins ombragés, des jardins saturés en eaux, des emprises protégées des émetteurs de pollution, des reliefs pour accéder à l'air frais, et ressentir un nouveau confort urbain.
Atout majeur
Des creux et des bosses
Le plan d'urbanisme du futur quartier dessiné par l’agence Stan Alan Architects a prévu que des voiries traversent le parc. On a réfléchi ces infrastructures non pas en rupture, mais en continuité du parc. « Au fil du sol », les ouvrages de franchissement des voiries urbaines, sont érigés au stade « d'ouvrages-paysage ». Ce sont des « bosses » de 1 à 2 ha, dessinées, avec des pentes régulières de l’ordre de 4%. Elles ont un aspect plat, un dénivelé lent, et génèrent un franchissement par l'effet combiné de l'étagement des courbes de niveau et de l'échelle exceptionnelle de leur emprise.
A l’échelle plus fine ce langage du sol est celui des plissements, des micro-barrages articulés à de vastes lits topographiques : les creux, contrepoints des bosses. Il permet la capture des eaux et leur renvoi dans la nappe phréatique. Il est associé à la plantation de végétations dépolluantes, par filtration des eaux grises. Ce sont des plantes phytoremédiantes, c'est à dire des plantes fibreuses, telles que le colza, la moutarde... qui ont pour vertu de nettoyer les eaux des métaux lourds.
Dépollution
Mousson
Cet aménagement, en bosses et en creux, est complété d’une surface poreuse, qui permet de s'adapter aux évènements climatiques exceptionnels, de risques centenaires. En cas de mousson, le parc est inondé à 80% de son emprise avec une allée à pied sec (toujours hors eaux) qui déambule au milieu de vastes étendues submergées. Sa micro-topographie permet d'absorber les eaux là où elles tombent. Sa macro-topographie génère des dénivelés de 12 mètres d'amplitude, avec des continuités contrastées qui accueillent et abritent des activités de pleins airs.
Le site du parc est -en phase chantier- un désert de cailloux au pied de montagnes façonnées de secousses sismiques. En surface : un sol minéral fermé -imperméable- hérité de l'aménagement des pistes de l'aéroport abandonné. En sous face c'est un « sol vivant » qui bouge tout le temps, animé par des mouvances sismiques selon des amplitudes parfois menaçantes.
Sol vivant
Le monde végétal
Les strates arborées se distribuent selon plusieurs rythmes :
- ceux structurés selon les territoires de confort (tramé pour la fraîcheur des activités récréatives, rayonnant loin des sources de pollution pour les activités de la petite enfance, disséminé loin de l’humidité des étangs et des lits topographiques pour les activités sportives,
- ceux dilatés selon des formations de landes sur les reliefs qui franchissent le trafic et assurent une continuité faune flore.
Les strates arbustives et herbacées sont mobilisées pour l’épuration des eaux selon des rythmes intercalés à la dynamique des fluides. Elles se répandent aussi en vastes champs de fleurs à proximité des secteurs résidentiels pour des activités éducatives autour de la maintenance du parc.
L’invention de Guédelon est fondée sur le concept de vérissimilitude, c’est à dire « au plus proche de la vérité » connue par les experts qui établissent un scénario pour rendre vraisemblable l’édification d'un château fort sur ce territoire. Tout commence par l’histoire d’un « suzerain mal logé » qui possède une grande forêt. Il ne s’agit pas de faire le plus beau ou le plus haut des châteaux forts, mais le plus « le plus juste », et d’offrir l’expérience d’un « modèle construit ».
Grand paysage
Liens Catherine Mosbach
Park de Taichung
https://www.dezeen.com/2020/11/12/mosbach-paysagistes-phase-shifts-park-taichung-taiwan-landscape-architecture/
https://transsolar.com/fr/projects/taiwan-taichung-gateway-jade-ecopark-masterplan






