Notre métier c'est la programmation urbaine, nous sommes embauchés par les aménageurs pour être compris du grand public. On est là pour mettre du lien, que les gens se comprennent. Quelle est notre méthode ? D'où vient-elle ?
Traducteurs
Blague
En 2010, en fin d'études, on a commencé à dresser une satire des projets d'architectes et d'urbanistes. A travers un site internet, on a parodié les mauvaises habitudes de notre profession. L'humour nous a donné un biais pour déconstruire, envisager tout à l'envers.
A la question « c'est quoi la ville ? », on a répondu : « que font les gens en ville ? ». On a décrit la diversité des espaces urbains à travers la diversité des usagers. On a dressé une sociologie de ces citadins qui ne sont jamais représentés dans les planches de concours. On a imaginé sur le mode humoristique la ville de ces invisibles, en montrant par exemple, des « Gothiques » heureux dans des espaces sous-terrains près de Satan.
C'est quoi la ville ?
Mot-valise
On a refusé le jargon technique et les mots-valise employés sans que plus personne ne se souvienne ce qu'ils recouvrent. Par exemple, quand on dit « éco », il faut comprendre écologique ou économique ? Et que signifie l'espace public convivial ou le bien vivre ensemble ?
On part du principe que l'important c'est que chacun vive comme il le souhaite, sans gêner ses voisins . On préfère décrire les usages et les modes de vie. Faire de l'urbanisme, c'est faire cohabiter des modes de vie différents. Concevoir un espace urbain, c'est organiser des moments collectifs où se retrouvent les habitants, dans leur diversité d'usages.
Modes de vie
Marge de manœuvre
C'est très compliqué d'anticiper les usages et les besoins des usagers. Comment faire ? Comment éviter de fermer les possibilités ? Notre réponse c'est : en laissant une marge de manœuvre. Car on croit en la qualité d'un aménagement minimum, qui génèrerait des espaces ouverts à l'appropriation, pour lesquels on se donnerait le temps de voir ce qui se passe avant de clore l'intervention.
On a pris le modèle du « Grand Paris » à rebours en écrivant « le Petit Paris », un scénario où l'avenir de la capitale est dans la décroissance. On imagine le départ de trois, voire quatre millions de franciliens vers des villes moyennes.
Le Petit Paris
Site de rencontre
C'est à partir de cette intuition qu'on a lancé comme une fiction l'observatoire des villes moyennes. On a imaginé la diversité d'identités culturelles d'une trentaine de ville moyennes. On les a exprimées à travers un site conçu comme un site de rencontre. Dans ce scénario, chaque citadin-usager est à la recherche de la cité idéalement adaptée à son mode de vie et prête à lui offrir le bonheur urbain ; chaque cité est en attente des citadins-usagers prêts à jouer le jeu de ses espaces !
Notre boulot c'est de reconstruire un imaginaire pour les habitants, car pour aller à la rencontre des usages et des usagers, il faut débloquer les imaginaires.
Imaginaires
Safaris urbains
On a continué avec « Les safaris urbains ». Ce sont moins des guides touristiques que des livres d'aventures écrits à la manière de la célèbre collection de livres-jeu pour enfants « un livre dont vous êtes le héros ». Les safaris urbains utilisent la ressource du choix pour transformer le lecteur en un héros de pratiques urbaines. Ils évoquent les villes, à travers la description de « qu'est-ce qu'on peut y faire » ? Quelle aventure y vivre ?
La mise en récit est la meilleure manière de raconter un lieu. Il permet de le passer au crible de tous les usages possibles, de tous les modes de vies. La mise en récit, c'est la première partie de notre travail : on explique, on accompagne les débats. On met en place une dynamique de choix.
Récit
Safaris urbains
On a continué avec « Les safaris urbains ». Ce sont moins des guides touristiques que des livres d'aventures écrits à la manière de la célèbre collection de livres-jeu pour enfants « un livre dont vous êtes le héros ». Les safaris urbains utilisent la ressource du choix pour transformer le lecteur en un héros de pratiques urbaines. Ils évoquent les villes, à travers la description de « qu'est-ce qu'on peut y faire » ? Quelle aventure y vivre ?