flyer-07-2008-2009-06-conference
12 février 2020

« Urbanisation et terres rares : le dilemme »

avec Corrine Vezzoni Architecte Agence 2 degrés (Marseille)

Notes de conférence_ CAFE RICHE_12/12/18

La base vient de là...face à la violence des éléments : vent, soleil, pluie...et la beauté des paysages, je milite pour une urbanisation raisonnée qui réduise la consommation des terres, gère les eaux de pluie par des jardins et des patios, oriente le bâti face au soleil et dos au vent.



Le « Sud »



Le territoire inconstructible



Suivant le concept de l’émission de France Info « Moi président », dans laquelle j’étais invitée à formuler « une idée à adopter d’urgence », j’ai affirmé : « je rendrais le territoire inconstructible ». C’était une façon, polémique pour parler de la rareté des sols et de la nécessité de réagir face à l’étalement urbain, qui consomme l’équivalent d’un département tous les dix ans. L’actuelle réglementation considère par défaut la constructibilité des sols, puis « déclasse » du foncier suivant des motifs de protection. C’est à dire qu’on argumente pour protéger, alors que qu’il faudrait instaurer une attitude inverse. Il faudrait partir d’un territoire inconstructible, puis donner des arguments pour rendre constructible le foncier.



(1) Archives et bibliothèque départementales des Bouches du Rhône (Marseille_2006) : On a décidé de superposer les deux programmes, pour libérer la moitié du terrain, qu’on a transformé en jardin public. Ce parti pris « hors commande » a permis de proposer un ensemble bâti «suffisamment gros » face aux docks et au croisement de grands axes majeurs, en correspondance avec l’échelle des lieux . On a évité l'étalement et créé un lieu propice aux habitants du quartier, à l'arrière à l'abri du mistral.



Libérer la moitié du terrain



Utiliser la pente



(2) Supméca : École nationale supérieure publique d’ingénieurs (Toulon_2013) On a choisi de ne pas implanter le projet à l'endroit indiqué dans le programme. Plutôt que le sommet de la colline, on a préféré le flanc de la pente. Notre projet exploite le potentiel du terrain naturel, qu'il conserve et prolonge. Le béton est teinté couleur de la roche. Avec cette inscription « en coupe », la construction, tel un bâtiment troglodyte, profite de l'inertie thermique. Elle masque la zone commerciale voisine, magnifie et met en scène le paysage.



(3) Centre de conservation et de ressources (CCR) du MUCEM : (Marseille_2012) Le site est un morceau de friche industrielle dans la « zone de la Belle de Mai, » proche d'usines et de casernes militaires. Le CCR est dédié au stockage de la collection du « Musée de l'homme », un lieu pour « conserver, étudier, restaurer » des œuvres lourdes, encombrantes et précieuses.

Le projet est conçu comme une métaphore. Comme une citation du Mucem, il reprend ses dimensions (72 x72 m). Comme les usines du site en fiche, il dessine un volume « massif, étanche à la ville, clos, compact ». Pour la lumière, nous avons travaillé en référence à l'oeuvre d'Eduardo Chillida « hommage à la mer III » un bloc brut d'albâtre évidé, creusé « à cœur » qui dévoile une matière translucide. Nous avons « sculpté en creux » l'enveloppe sombre du stockage, et avons évidé cette masse rugueuse, cerné le vide de parois lisses et blanches percées de baies. A l'intérieur « on est dans la blancheur totale ». Pour faciliter le déplacement des œuvres, nous plaçons les accès de plein- pied en utilisant la pente du terrain.



Sculpter en creux