Flyer-08-2023-2024-06-pecha kucha
7 février 2025

« Au fil du sol » musée-parc Louvre-Lens

avec Catherine Mosbach, Architzecte paysagiste

Notes de conférence_ AU GAZETTE CAFE_02/12/15


Dans ce tissu urbain en friche, dont le sol minier a été spontanément colonisé par la nature, nous avons posé l'hypothèse d'une dynamique de transformation, pour voir la friche et le musée-parc comme des strates évolutives superposées, à relier grâce à une démarche transversale. Notre conception croise les temps géologique, biologique et culturel, pour penser le bâtiment et le parc du musée du Louvre-Lens comme un tout.



La ressource du site 



Le territoire inconstructible



Le temps géologique parle de l'énergie fossile, du charbon, de la plante qui se transforme en houille.
Le temps biologique parle de ce qui se passe après l'ère industrielle, quand l'économie s'arrête, c'est la nature qui reprend ses droits. Le temps culturel parle des capacités du musée, l'introduction d'une nouvelle dimension pour renouveler le site. Notre ambition est de créer l'articulation entre ces trois dimensions temporelles. Le projet a pour objectif de conforter la dynamique naturelle, de s'inscrire dans les traces de l'exploitation minière, d'introduire la dynamique culturelle.



Fondamentalement l'infrastructure est le moyen de créer une relation entre le sol et l'architecture.

Sur ce site, le sol est porteur de traces héritées, le projet opère en archéologue. Il révèle les empreintes de l'exploitation minière. Ainsi l’empreinte des anciens rails sert au tracé des allées du parc. La mémoire des usages oriente le plan, et irrigue les développements ultérieurs.

L'exploitation minière a généré des déblais et des remblais. Le sol des remblais a été stabilisé par la plantation de robiniers/faux acacia, car ce sont des arbres à croissance rapide. Conservés, ils constituent une frondaison en lisière de la clairière du musée-parc.



Une question d'infrastructure  



Le sol naturel et le sol artificiel 



La parcelle du site est un terril horizontal formant un belvédère de schiste à 4 mètres au -dessus du niveau naturel du sol. Le sol c'est aussi un terril vertical (Loos en Gohelle), dont la surface inerte, constituée de rebut non commercialisé a bénéficié d'un microclimat dû au réfléchissement solaire sur les minerais. C'est cette dynamique du vivant qu'exploitent les dispositifs du parc.



A Lens il pleut beaucoup, et souvent. Le parvis du musée, est perforé de trous. Cela permet la gestion des eaux de pluie, anime le parvis, car les trous sont colonisés par les mousses. Cette dynamique du vivant initie le jardin, en creux propices au développement des plantes primitives que sont les mousses.



Dynamique du vivant



Le trou



Le trou c'est une proposition atemporelle, c'est de la non-écriture.

L'idée du trou, c'est une relation abrupte et une transversalité. Il n'y a pas de « tampon ». Le trou capture l'eau et la redistribue au jardin. C'est ce travail de perforation qui fabrique le jardin, permet la colonisation des plantes. 


A la veille de l'inauguration, le parc était « un champ de boue ». Il faut attendre deux à trois ans pour que la plante s'installe. La temporalité du paysage est une temporalité longue qui n'est pas compatible avec un résultat immédiat et permanent. La « vision du sol nu » reste un tabou. Mais « la nature aidant » le jardin trouve ses marques.

Pour l'entretien, c'est pareil, il faut de la patience, de la persévérance, suivre « le chemin indiqué par le concepteur », et s'appuyer sur les dynamiques naturelles. 

Pour le développement végétal, il faut utiliser les ressources naturelles et s'inscrire dans le long terme. Par exemple anticiper l’évolution d’un bois pionnier de bouleaux, arbres de 20/30 ans d'existence, qui génèrent l'humus pour des arbres d'essence noble à durée de vie plus longue. 


Le temps du paysage


 


Approbation récréative



Fondation et clôture



Dissolution des limites



« Au fil du sol », c'est aussi l'appropriation récréative du sol. Comment ? Les concepteurs produisent de grands prés séquencés de « passe-pieds », qui sont formés par des bandes de prairie spontanée. Ils proposent des « canapés verts », c'est à dire des merlons qui façonnent des assises naturelles et des dispositifs de sécurité, car leur relief joue un rôle anti-bélier, en empêchant l'approche du bâtiment par des voitures.


Le sol sous le terril horizontal est constitué de limon. « Au fil du sol », c'est aussi l'idée de l'utilisation de cette sous-couche dégagée par la fondation du musée, comme matériau de construction. Les clôtures du parc sont construites en « limon-traité », colonisé par des algues bryophytes, son aspect évolue. Au départ de la couleur du sol, il se couvre du vert des mousses. Il devient une clôture-paysage. 


Le Louvre-Lens est un musée-parc où le grand territoire, le paysage et le bâtiment connaissent une dissolution de leurs limites. Ils sont conçus en continuité l'un de l'autre. Le parc est accessible gratuitement, largement connecté au territoire avec 11 entrées.
Le Musée est placé au cœur de la parcelle, il faut traverser le parc pour rejoindre le musée. Il y a fusion du paysage et de l'architecture, qui ne font qu'un. Le musée-parc Lens offre une continuité du sol, une recherche de l'effacement du seuil, « une expérience continue entre l'intérieur et l'extérieur ». Il façonne, au « fil du sol », un dispositif global au profit de la présentation des œuvres d'art.


F"Au fil du sol" musée-parc Louvre-Lensondation et clôture


avec Catherine Mosbach, Architzecte paysagiste


 

 


http://www.louvrelens.fr/parc

http://www.darchitectures.com/le-louvre-lens-un-musee-paysage-a1101.html


http://www.lemoniteur.fr/article/prix-de-l-equerre-d-argent-2013-musee-du-louvre-a-lens-22864827

http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/12/30/le-louvre-a-lens-raconte-par-celle-qui-l-a-concu_1286024_3246.html

http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/12/04/paysage-avec-chef-d-oeuvre_1799744_3246.html

https://www.pca-stream.com/fr/articles/catherine-mosbach-design-de-la-biosphere-123