
Flyer-08-2023-2024-06-pecha kucha
7 février 20252024-2025
19 mai 2026Au fil du sol
musée-parc au Louvre-Lens
avec Catherine Mosbach, architecte paysagiste
Notes de conférence_ AU GAZETTE CAFE_02/12/2015
Dans ce tissu urbain en friche, dont le sol minier a été spontanément colonisé par la nature, nous avons posé l'hypothèse d'une dynamique de transformation, pour voir la friche et le musée-parc comme des strates évolutives superposées, à relier grâce à une démarche transversale. Notre conception croise les temps géologique, biologique et culturel, pour penser le bâtiment et le parc du musée du Louvre-Lens comme un tout.
La ressource du site
Trois dimensions temporelles
Le temps géologique parle de l'énergie fossile, du charbon, de la plante qui se transforme en houille.
Le temps biologique parle de ce qui se passe après l'ère industrielle, quand l'économie s'arrête, c'est la nature qui reprend ses droits. Le temps culturel parle des capacités du musée, l'introduction d'une nouvelle dimension pour renouveler le site. Notre ambition est de créer l'articulation entre ces trois dimensions temporelles. Le projet a pour objectif de conforter la dynamique naturelle, de s'inscrire dans les traces de l'exploitation minière, d'introduire la dynamique culturelle.
Fondamentalement l'infrastructure est le moyen de créer une relation entre le sol et l'architecture.
Sur ce site, le sol est porteur de traces héritées, le projet opère en archéologue. Il révèle les empreintes de l'exploitation minière. Ainsi l’empreinte des anciens rails sert au tracé des allées du parc. La mémoire des usages oriente le plan, et irrigue les développements ultérieurs.
L'exploitation minière a généré des déblais et des remblais. Le sol des remblais a été stabilisé par la plantation de robiniers/faux acacia, car ce sont des arbres à croissance rapide. Conservés, ils constituent une frondaison en lisière de la clairière du musée-parc.
Une question d'infrastructure
Le sol naturel et le sol artificiel
La parcelle du site est un terril horizontal formant un belvédère de schiste à 4 mètres au -dessus du niveau naturel du sol. Le sol c'est aussi un terril vertical (Loos en Gohelle), dont la surface inerte, constituée de rebut non commercialisé a bénéficié d'un microclimat dû au réfléchissement solaire sur les minerais. C'est cette dynamique du vivant qu'exploitent les dispositifs du parc.
A Lens il pleut beaucoup, et souvent. Le parvis du musée, est perforé de trous. Cela permet la gestion des eaux de pluie, anime le parvis, car les trous sont colonisés par les mousses. Cette dynamique du vivant initie le jardin, en creux propices au développement des plantes primitives que sont les mousses.
Dynamique du vivant
Le trou
Le trou c'est une proposition atemporelle, c'est de la non-écriture.
L'idée du trou, c'est une relation abrupte et une transversalité. Il n'y a pas de « tampon ». Le trou capture l'eau et la redistribue au jardin. C'est ce travail de perforation qui fabrique le jardin, permet la colonisation des plantes.
A la veille de l'inauguration, le parc était « un champ de boue ». Il faut attendre deux à trois ans pour que la plante s'installe. La temporalité du paysage est une temporalité longue qui n'est pas compatible avec un résultat immédiat et permanent. La « vision du sol nu » reste un tabou. Mais « la nature aidant » le jardin trouve ses marques.
Pour l'entretien, c'est pareil, il faut de la patience, de la persévérance, suivre « le chemin indiqué par le concepteur », et s'appuyer sur les dynamiques naturelles.
Pour le développement végétal, il faut utiliser les ressources naturelles et s'inscrire dans le long terme. Par exemple anticiper l’évolution d’un bois pionnier de bouleaux, arbres de 20/30 ans d'existence, qui génèrent l'humus pour des arbres d'essence noble à durée de vie plus longue.
Le temps du paysage
